l Après le Printemps berbère de 1980, une répression féroce s’est abattue sur les étudiants démocrates qui sont pour leur écrasante majorité de tendance gauche. Le 19 mai 1981, Journée de l’étudiant, beaucoup d’entre eux, membres des comités de cités, ont été arrêtés, laissant ainsi place nette aux » frères musulmans » comme on les désignait à l’époque. C’est ainsi que ces derniers ont accaparés les comités des cités universitaires et en ont fait des instruments pour propager et imposer leur idéologie extrémiste. Commençant par mettre fin aux activités culturelles (Musique, théâtre, peinture, ….) au sein des cités universitaires, ils en arrivèrent à transformer les mosquées dans les cités en véritables casernes de stockage d’armes blanches et à feux et même du TNT a été découverts dans ces mosquées après l’assassinat de Madjid, rapportent des étudiants de l’époque. La mise à l’écart des militants d’obédience démocratique, résolument pacifique et la libre activité politique, tolérée, des extrémistes religieux, ont préparé le lit douillet pour un islamisme barbare dont l’Algérie subira quelques années plus tard les plus abominables crimes contre les artistes, écrivains, journalistes et citoyens lambda n’épargnant ni femme ni enfant.
Selon des informations données par Malek Sadali, Amzal Kamel, dit Madjid, a été assassiné, à l’arme blanche par » un marin » du nom de Lassouli Fath-Allah, fils d’un commissaire de police.
Durant les mois qui ont suivi son assassinat, » la » S.M nous filait à l’intérieur et à l’extérieur de l’université « , a-t-il ajouté. Interrogé sur le procès de l’assassinat de Kamel Amzal, M. Sadali nous dira que l’auteur du crime » a été condamné, au détour d’un simulacre de procès, auquel n’a pas participé l’avocat principal de la famille, à huit ans de prison « . en ajoutant que » le jour de son procès, un rassemblement a été empêché à l’université de Tizi-Ouzou « .
» Il a bénéficié d’une grâce présidentielle après quelques années d’incarcération et après avoir été retourné par les services « , a déploré M. Sadali.
Par ailleurs, l’ancien député FFS soulignera » au début des années 90, Lassouli Fath-Allah l’assassin de Kamel Amzal activait au sein du parti intégriste, FIS et sera même élu local « . Et d’ajouter Qu’en 1995, » il devait se déplacer de Yakouren vers Tizi-Ouzou, pour assister à une réunion, il fut abattu à proximité d’un barrage de l’armée dans le camion qui le transportait ».
Mohamed Mouloudj