Samedi dernier, l’Association culturelle berbère de Lyon, Tagmats, a organisé une grande journée du côté de Villeurbanne en hommage à l’idole de la Kabylie, Matoub Lounes, dans le cadre de la Journée de la tolérance et de la solidarité.
En effet, cette action menée par Tagmats entre dans le cadre de la rénovation des stèles de Lounes, qui ont été saccagées, ces derniers temps, un peu partout dans les villages kabyles par «les ennemis de la démocratie». Les bénéfices récoltés serviront pour la réparation de ces stèles qui sont, par ailleurs, dans un état de délabrement avancé.
Pour information, l’Association Tagmats a déjà rénové 3 stèles à Draâ El Mizan, Bounouh (Boghni) et Tizi N’Tleta (Ouadhias), ce qui lui a permis de recevoir, le 25 juin dernier, le prix Matoub contre l’oubli, des mains de Nna Aldjia Matoub, mère du défunt Lounes.
Le 27 novembre, il fallait donc être du côté de Lyon pour assister à un très grand hommage au Rebelle. Malgré le froid et la neige, malgré les agissements de certaines personnes et structures, qui ont essayé de détourner l’attention des gens, le public a répondu présent comme d’habitude lorsque Tagmats lance un appel.
La journée débutait avec la projection du film documentaire de Youcef Laalami “la voix d’un peuple», devant un public concentré et admiratif du travail réalisé par le producteur, qui nous montre dans ce documentaire, les différentes facettes de Lounès, son franc-parler, son humanisme, et son attachement à ses racines…..
Ensuite, c’était autour de Mohamed Benchicou de donner une conférence suivie d’un débat sur son nouveau livre. Une conférence qui a vu de nombreux intellectuels et un public averti, faire le déplacement pour écouter le journaliste, qui parlera de la relation entre Matoub et le Matin et expliquera aussi pourquoi Matoub est aussi populaire dans son pays.
La soirée a continué avec un concert animé par de nombreux artistes, venus soutenir cette initiative de Tagmats de Lyon. Des artistes venus pour l’occasion, chanter bénévolement.
Des artistes sensibles et sincères, restés fidèles au combat de Matoub, contrairement à de grands noms de la chanson kabyle qu’on a élevés au rang d’ambassadeurs, mais qui ont soit refusé de venir soit se sont cachés derrière «des oliviers», selon le président Dalil Makhloufi, avant d’ajouter : «Je suis très déçu du comportement d’un média dont je ne citerai pas le nom, qui nous a censuré pour favoriser ses valets».
Le public en communion avec les artistes a eu le plaisir d’écouter le répertoire du poète. Les discours se succèdent, les artistes aussi l’un après l’autre, rendent hommage à Lounes. Le chanteur Anzar commence d’entrée avec cette chanson formidable idurar-iw, suivi de Allaoua Bahlouli, qui fera vibrer le public avec son banjo, puis de la prometteuse Ratiba. La deuxième partie de la soirée verra se succéder deux maestros du chaâbi, à savoir ; Karim Slaîm et Rachid Allioui, puis pour finir ce sera autour d’Akli-D et de Aldjia de rendre hommage à Lounes, avant de conclure en beauté tous ensemble, sur scène avec la chanson Slâavits ay avehri
«Je tiens vraiment à remercier les artistes présents pour leurs disponibilité et le public qui par son soutien contribue à sa manière», a indiqué M. Makhloufi et d’ajouter que «ça fait chaud au cœur de voir qu’il y a encore des gens fidèles à la cause», car « Lounès a donné sa vie pour nous», lâchera encore le président de l’association.
Avant de conclure, «Nous allons prochainement inaugurer deux stèles, qui seront suivies par d’autres, en Kabylie. Je tiens à remercier la fondation Matoub pour son soutien et toutes celles et ceux qui nous aident en Kabylie», a-t-il conclu, après avoir lancé un appel aux habitants de la Kabylie, afin d’être vigilants et de dénoncer ces personnes qui s’attaquent aux symboles de la région.
R. N.