Saharidj : Découverte d’un ancien cimetière à Achaivou

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Pure coïncidence ou intervention des forces célestes, le P/APC nous apprend qu’il a suffi d’un seul va-et-vient de cet engin des travaux publics au dessus des tombes pour voir son moteur immobilisé pour un bon bout de temps soit le temps nécessaire, pour que les ossements et squelettes soient écartés de sa trajectoire.

Lors des travaux de terrassements du nouveau stade communal de football, à Achaivou en périphérie de Saharidj l’engin des travaux est tombé sur plusieurs tombes qu’il a retournées en ramenant des tas d’ossements, squelettes entiers et encore intacts.

Alertées les autorités civiles et militaires locales se sont rendus sur les lieux, les premières investigations bien que sommaires en l’absence d’archéologues ont fait ressortir qu’il s’agit bien d’un ancien cimetière.

Le travail effectué manuellement après que soit écarté l’engin intervenant sur ce site a permis de dégager jusqu’au 2eme jour de recherches une dizaine d’autres tombes épargnées par le godille du bulldozer.

L’alignement de ces tombes orientées vers l’est ( la kibla) selon le rituel musulman, la couverture des caniveaux individuels par des dallettes taillées à partir de la pierre bleue ramenée d’Ath Mansour (Thaourirth) un matériau toujours d’usage dans la région et enfin la proximité des ruines de la tribu d’Ath Salah à moins de 500 m sont des repères indiscutables de l’histoire de cette tribu qui a fui les représailles de l’armée turque après avoir tué un de leur officiers qui les écrasait sous le poids des dîmes (impôts).

La tombe de cet officier dénommé Ouabdellah Fen existe toujours au lieudit Thakidhount (la tente) en périphérie du village Ath Ivrahim – nous avions évoqué dans ces mêmes colonnes au mois d’avril de l’année en cours l’histoire de cet officier d’Ath Salah sous le titre : le tombeau du soldat inconnu.

Un dernier repère qui confirme l’appartenance à cette tribu ce cimetière, inconnu jusque-là seraient les traces d’une ancienne piste presque effacée qui le relie aux ruines du village n’Ath Salah qui est l’une des toutes premières tribus (Adhroum) du Aarch Amcheddal qui a abandonné le village pour éviter un affrontement à armes inégales avec l’armée turque après avoir éliminé leur officier, cette tribu a traversé le col de Tizi N’Kouilal pour aller s’installer dans la commune de Bouzegnen wilaya de Tizi Ouzou où elle a bâti un nouveau village baptisé du nom de celui qu’elle a quitté soit Ath Salah.

Des recherches qu’on a effectuées appuyées par plusieurs témoignages nous ont permis de situer l’époque ou s’est déroulée cette histoire de la révolte d’Ath Salah et leur départ de la région de Saharidj au 17ème siècle aux environs de 1740.

Des échos qui nous sont parvenus de Bouzegnen font cas de la naissance d’une association culturelle dénommée Thidhoukla n’Ath Salah qui est en train d’activer pour reconstituer l’ histoire de leurs ancêtres. La découverte de ce cimetière est un élément majeur que doit exploiter cette Association pour apporter une touche finale à l’histoire et aux origines de leur tribu.

L’Assemblée populaire communale de Saharidj a immédiatement réagi après le retoutnement des premières tombes ordonnant l’arrêt des travaux et avisa les autorités de la wilaya.

Le président de l’APC nous a approchés pour faire appel à travers les colonnes de La Dépêche De Kabylie aux bénévoles pour mener à terme les travaux de délimitation de ce cimetière, et le ramassage des ossements éparpillés par le premier passage du bulldozer. Pure coïncidence ou intervention des forces célestes, le P/APC nous apprend qu’il a suffi d’un seul va-et-vient de cet engin des travaux publics au dessus des tombes pour voir son moteur immobilisé pour un bon bout de temps soit le temps nécessaire, pour que les ossements et squelettes soient écartés de sa trajectoire.

Ironie du sort, le terrain aménagé récemment en cimetière communal est mitoyen de cet ancien cimetière c’est à dire le choix d’un même site a été opéré par deux fois avec un intervalle de…04 siècles.

Oulaïd Soualah

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