Un bel hommage à une voix sublime !

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Cela fait vingt-sept ans qu’elle a disparu, laissant derrière elle un monde artistique en deuil. Le vide qu’elle a laissé sur les scènes de la chanson kabyle est resté incomblé. H’nifa, l’immortelle diva de la chanson kabyle, renaît. Le film documentaire, intitulé ; H’nifa, une vie brûlée, de Ramdane Iftini et Sami Allam, est une adaptation du texte de notre confrère Rachid Hammoudi. Le film-documentaire réhabilite en effet une femme qui, durant le plus clair de sa vie s’est vouée au chant. H’nifa reste toujours ce symbole indéniable de la chanson féminine d’expression kabyle. Le film-documentaire sur H’nifa, projeté à la salle Algéria, retrace au détail près une vie tumultueuse, tragique, mais néanmoins inscrite en lettres d’or dans les annales de la chanson kabyle féminine. A titre d’informations, le film documentaire a obtenu “l’Olivier d’or” au Festival du film amazigh à Sétif.

H’nifa, l’icône de notre chanson, dont la vie n’a été que ténébreuse et agitée a su avec son courage et un dévouement exemplaires faire de sa situation un prélude à une chanson féminine qui marquera à jamais les mélomanes kabyles.

H’nifa naquit le 4 avril 1924, Ighil Larbaâ, comme le précise le documentaire. Zoubida, de son vrai nom,, est originaire du village d’Ighil-Mehenni, village perché sur les hauteurs d’Azzefoun. Issue d’une famille modeste, cette dernière a dû quitter la Kabylie pour rejoindre la capitale à la recherche d’une vie moins pénible.

Sa famille fût un témoin de la période cruciale qu’a vécue l’Algérie durant tout le siècle dernier. La Guerre mondiale, le débarquement des alliés… H’nifa, passionnée de poésie, agrémentait ses tourments par le chant. Dès lors, la jeune fille trouvait sa vocation avec un talent des plus remarquables. Un talent qu’elle exprima dans les fêtes au village durant toute sa jeunesse. H’nifa est décédée en 1981 à Paris des suites d’une longue maladie.

Le documentaire de 52 minutes a été aussi une occasion pour ceux qui ont côtoyé H’nifa d’apporter leurs témoignages. A l’instar de Kamel Hamadi et autres précurseurs de la chanson kabyle, H’nifa était et restera à jamais un “gros balèze” de la chanson kabyle. Contre la rigidité d’un ordre social, elle a su défricher le terrain. Même avec une vie triste et amère, H’nifa a brisé le joug des tabous d’une société qui commence à reconnaître les siens.

Mohamed Mouloudj

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