Trabants, bustes de Lénine, cosmétiques Florena: Berlin soigne le souvenir de son passé est-allemand avec l’ouverture d’un premier musée consacré à la vie quotidienne des habitants de République démocratique allemande (RDA).Parmi la centaine de produits typiques de l’ex-RDA, les peintures Modelina, les uniformes des Jeunesses socialistes (FDJ), le café Mocca-Fix continuent de plaire aux nostalgiques de l’ancienne culture d’Allemagne de l’Est. »Nous avons récolté plus de 10.000 objets mais malheureusement nous ne disposons pas de la place suffisante pour tous les exposer », explique Robert Rückel, directeur du musée. Tous ont été offerts par des personnes ayant vécu en Allemagne de l’Est entre 1949 et 1990.En plein coeur de Berlin, à deux pas des derniers vestiges architecturaux du passé communiste de la ville, l’Alexanderplatz, sa tour de télévision et les ruines du Palais de la République, Berlinois et touristes peuvent, depuis samedi, découvrir ou se remémorer le quotidien d’une époque révolue. »Nous ne voulions pas d’un musée qui montre la vie des gens derrière des vitrines », souligne M. Rückel. D’où l’idée de faire participer les visiteurs directement à l’exposition pour « donner une nouvelle vie à ces objets » répartis sur 400 m2.Pour mieux s’imprégner de l’atmosphère de la vie de tous les jours en ex-RDA, rien de tel que s’installer dans le salon d’une famille, de lire des revues de l’époque, de fouiller dans le placard d’une cuisine ou bien dans les vêtements d’une armoire. Sur l’écran d’un coin cinéma, d’anciens reportages de la télévision est-allemande sont diffusés en boucle et quelques pas plus loin, le visiteur peut jeter un coup d’oeil dans un cartable d’écolier ou grimper à l’avant d’une Trabant, petite voiture populaire devenue culte et produite autrefois en Allemagne de l’Est.Une approche jugée trop touristique et pleine de clichés par certains contestataires du projet financé à hauteur de 600.000 euros par des fonds privés.Ils accusent les fondateurs du musée de profiter du phénomène culturel qu’est l’Ostalgie (contraction du mot « Ost » qui signifie « Est » et de « Nostalgie »), à la mode depuis quelques années à Berlin et notamment dans de récentes comédies sur l’ex-RDA, telles que « Good Bye Lenin », pour faire de l’argent. »Bien sûr que nous profitons de l’actuel intérêt pour l’ancienne Allemagne de l’Est mais il était également nécessaire de consacrer un lieu à la vie normale des gens dans ce pays et non pas toujours réduire l’histoire de la RDA à celle du mur de Berlin ou de la Stasi », explique le directeur du musée.Quant à ceux qui reprochent à l’exposition de ne pas s’attarder suffisamment sur les côtés négatifs de l’ancienne dictature communiste, M. Rückel leur rappelle que « le Mur de Berlin et la Stasi ont aussi leur place dans le musée mais comme une partie, parmi les autres, du quotidien des Allemands de l’Est ». »Nous nous sommes concentrés sur la majorité de la population, sur les personnes qui avaient une vie normale, sur la masse et non sur les exceptions », se défend-il alors que le responsable des Affaires culturelles de Berlin, Thomas Flierl, reproche au nouveau musée de ne pas assez faire la différence entre les milieux culturels de l’ex-RDA.