Ouyahia fait le point !

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Huit mois après sa nomination à la tête du gouvernement, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a dressé, hier, le bilan de son gouvernement devant la presse.

Le Premier ministre a entamé sa conférence de presse, tenue au Centre international des conférences (CIC), en rendant une nouvelle fois hommage aux victimes du crash de l’avion militaire à Boufarik, qui a fait 257 morts mercredi dernier. Ahmed Ouyahia, tout en rappelant que l’année 2017 a été difficile sur le plan économique, a affirmé que les résultats réalisés par l’Algérie étaient «corrects». Le Premier ministre a indiqué que l’économie nationale a enregistré en 2017, un investissement de l’ordre de 3 500 milliards de dinars (environ 30 milliards de dollars américains) par le biais du budget public et des crédits bancaires. «Nous avons enregistré 3,7% de croissance en dehors des hydrocarbures et une croissance globale de 2,2%», a souligné Ahmed Ouyahia, tout en affirmant que le taux de chômage s’est stabilisé à 11,7% en 2017 et que pas moins de 563 000 postes d’emploi ont été créés la même année.

Liste des produits interdits à l’importation : Une erreur de casting !

Toutefois, le Premier ministre s’est montré optimiste quant à l’année en cours, indiquant qu’elle sera meilleure que l’année précédente, sur les deux plans économique et social. Il a en outre réitéré la volonté du gouvernement de revoir la politique de subvention. Tout en indiquant qu’«il n’y aura aucun changement dans la politique de subvention cette année», le Premier ministre a assuré que «les couches défavorisées ne seront pas victimes d’une révision, les pouvoirs publics feront tout leur possible pour épargner les couches moyennes». Par ailleurs et s’agissant de la liste des produits interdits à l’importation, le Premier ministre dira que cette dernière sera modifiée tous les trois ou six mois, tout en reconnaissant l’existence d’erreurs dans le décret initial. «On a même trouvé des intrants, alors que le but était d’interdire les produits finis», a expliqué Ouyahia. En ce qui concerne les prix des véhicules montés en Algérie, Ahmed Ouyahia a fait savoir que «les choses vont changer dans l’avenir». Cette conférence était une occasion pour Ouyahia d’aborder les sujets qui sont au cœur de l’actualité, à commencer par le dernier remaniement opéré par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Ahmed Ouyahia explique : «Ce remaniement était destiné à mettre fin aux spéculations». Il a rappelé qu’avant cette décision présidentielle, «certains avaient commencé à spéculer sur des départs et des arrivées», faisant allusion à sa propre personne. Ahmed Ouyahia a attribué les attaques que subit le gouvernement à l’approche de l’élection présidentielle. «Plus l’année 2019 approche, plus la chaleur monte», dira-t-il, balayant d’un revers de main toute crise entre le Premier ministère et la Présidence de la République. Pour étayer ses dires, il expliquera : «Le Premier ministre est nommé par le président de la République qui peut prendre, simplement, la décision de mettre fin à ses fonctions». Interrogé sur son absence sur la scène politique et médiatique, le Premier ministre rétorque : «Le gouvernement est présent sur le terrain». A une question sur la sortie du Président Bouteflika la semaine dernière dans la capitale, pour savoir s’il s’agissait d’une «tournée d’adieu ou d’un prélude à un cinquième mandat», Ouyahia n’a pas caché son mécontentement : «Je déplore ce genre de questions. Les images montrées par les télévisions ne trompent pas. Ce qu’on a vu à travers ces images, c’est que le peuple était content de revoir son Président», a-t-il soutenu. Au sujet du cinquième mandat, le Premier ministre dira : «Vous voulez absolument faire du Président un candidat? Il entamera le 17 avril la cinquième année de son quatrième mandat. Laissez-le présider le pays, nous avons besoin d’un guide au gouvernement». S’exprimant par ailleurs sur les récentes déclarations de l’Ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, sur le sujet des Hauts fonctionnaires qui auraient «trafiqué des visas», le Premier ministre les a qualifiées de «dérapage». «La relation avec la France est importante et elle connaît une évolution depuis 2012. Il y a eu un dérapage, on ne va pas faire toute une histoire autour de ça», a-t-il précisé. Évoquant la grève illimitée des médecins résidents, le Premier ministre déplore «le retard accusé dans le règlement du problème des blouses blanches», avant d’ajouter que «le gouvernement n’a pas fermé les portes du dialogue avec les médecins résidents». «Le service militaire est un devoir», a-t-il encore indiqué. Revenant sur le crash de l’avion militaire à Boufarik, le chef de l’exécutif a affirmé que les familles des victimes du crash seront indemnisées par le ministère de la Défense. A une question sur «les campagnes haineuses qui marquent la scène médiatique marocaine, notamment suite au crash de l’avion, mercredi dernier, à Boufarik, le Premier ministre a souligné que «les autorités algériennes ne céderont pas à l’offensive médiatique marocaine et observeront, comme elles l’ont toujours fait, la sagesse dans le traitement des questions internationales». Selon lui, «le malentendu entre l’Algérie et le Maroc voisin est sur la question du Sahara Occidental». M. Ouyahia a précisé dans ce sens que «les frères marocains veulent que l’Algérie soit partie prenante du conflit, or, le concerné est le Front Polisario et la République Arabe Sahraouie Démocratique et non l’Algérie».

L.O.CH

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