Pas de répit pour la mercuriale

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Suites aux dernières précipitations et alors que les citoyens s’attendaient à une accalmie de la mercuriale des fruits et légumes, force est de constater que, non seulement, les prix n’ont pas baissé, mais les tarifs pratiqués sur les étals ont quasiment doublé pour certaines marchandises.

En effet, la pomme de terre qui entamait lentement une baisse de son prix caracole à 80 dinars. Une aberration lorsqu’on sait que le ministère de l’Agriculture annonçait dernièrement qu’un million de quintaux de pommes de terre avait été déstocké, une opération programmée pour couper l’herbe sous le pied des spéculateurs en cette période de soudure entre la saison et l’arrière saison du tubercule. La tomate également est de la partie, après avoir atteint des seuils intolérables à 200 DA/Kg, son prix était brièvement redescendu à 80 avant de reprendre des couleurs en affichant, aujourd’hui, les 200 dinars. Autant dire que les pluies qualifiées de bienfaitrices pour l’agriculture sont synonymes d’augmentation tous azimuts pour le consommateur. Et les exemples ne manquent pas, chou-fleur, chou-vert, blettes, haricots verts sont autant de légumes dont les prix ont doublé sur le marché et les étals de la ville de Bouira. Même la salade qui coutait 50 dinars la semaine dernière a vu son prix atteindre les 100 dinars. Idem pour la carotte et la courgette dont les tarifs pratiqués étaient de 30 dinars et qui oscillent actuellement entre 60 et 80 dinars. Selon les marchands de légumes, les conditions atmosphériques ne permettent pas aux maraichers de procéder à la récolte des légumes, d’où cette inflation jugée «temporaire». Mais cet argument ne peut en aucun cas s’appliquer aux tarifs déraisonnables des fruits qui eux peuvent être cueillis même sous la pluie. Les grenades par exemple, qui se monnayaient à 80 dinars avant le week-end affichent 160 DA. Du quitte au double pour des fruits qui se conservent plusieurs semaines sans crainte de s’abimer. Les pommes et les poires du haut de leurs 250 dinars sont également inaccessibles pour les pères de famille aux revenus modestes. Oranges, mandarines, raisins ou bananes sont quand à eux hors de prix en dépassant les 300 DA le kilo. Les viandes blanches ne sont pas en reste La sardine qui a connu au cours de ces semaines des tarifs abordables, est redevenue la star des viandes blanches en affichant pas moins de 500 dinars le kilo. Pour le poisson, les marchands arguent le mauvais temps qui empêche les chalutiers de se rendre en mer pour amasser les protéines halieutiques. Ceci dit, en constatant la profusion de cette sardine sur les marchés, cela prouve que des bateaux sortent même lorsque le temps est pluvieux. Pour le poulet et la dinde, ce n’est pas du côté de la météo qu’il faut lorgner. La fête du Mawlid Nabaoui Cherif prévue pour le début du mois de décembre semble être à l’origine de l’affolement des prix du poulet. De 250 dinars le kilo la semaine écoulée, le prix du gallinacé a atteint les 350 DA, vidé et éviscéré. Pour le poulet vivant, vendu sur les bas-côtés de la chaussée, il affiche entre 270 et 290 DA le kilo, selon qu’il soit chétif et déplumé ou plutôt robuste. La dinde auprès des bouchers et volaillers est affichée à 500 dinars le kilo, quant au lapin, il oscille entre 750 et 850 dinars le kilo. Même la viande de caprin n’échappe pas à l’inflation et se retrouve à 1.100 dinars le kilo alors qu’elle était cédée à 750 DA, la semaine dernière. Entre les pluies tant attendues et les conséquences néfastes engendrées par les spéculateurs de tous bords, les prochaines semaines risquent d’être pénalisantes à plus d’un titre pour faire bouillir convenablement la marmite.

Hafidh Bessaoudi

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