Décrochage des tableaux de Klimt à Vienne suite à des menaces de destruction

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Cinq chefs-d’oeuvre du peintre Gustav Klimt, qui viennent d’être rendus à une héritière austro-américaine, ont dû être décrochés et mis en sûreté suite à des menaces de destruction, rapporte le musée du Belvedere de Vienne dans un communiqué vendredi.La direction du Belvedere fait suite aux recommandations du ministère autrichien de l’Intérieur et de la compagnie d’assurance, selon ce communiqué.La menace est arrivée par courrier à l’avocat américain de Maria Altmann, laquelle a obtenu mardi de l’Etat autrichien la restitution de cinq tableaux de Klimt à la suite de la décision d’un tribunal arbitral viennois, indique-t-on auprès du musée.La menace de destruction, parvenue à l’avocat Randol Schoenberg, viserait à empêcher la restitution par l’Autriche de ces tableaux à l’héritière de Ferdinand Bloch-Bauer, un riche industriel autrichien qui avait été dépossédé de ses biens par les nazis.Le gouvernement autrichien a indiqué souhaiter que les tableaux restent au sein des collections publiques du pays. Il a toutefois exclu de s’en porter acquéreur et préconisé un rachat par des mécènes privés.Le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel (conservateur) a annoncé jeudi des déductions fiscales « si les conversations pour un achat avec des sponsors et mécènes réussissent. Une autre forme d’achat dépasse largement nos possibilités », a-t-il dit. »Nous menons d’intenses négociations pour conserver au moins les deux portraits d’Adèle Bloch-Bauer » considérés comme des oeuvres majeures de Klimt (1862-1918), a déclaré mercredi à l’AFP Gerbert Frodl, directeur de la Galerie (musée) du Belvédère de Vienne où sont exposés ces tableaux. »Mais les modalités sont encore loin d’être fixées », a précisé M. Frodl, qui a déploré le risque d' »une perte immense pour l’Autriche et pour la culture autrichienne ».D’après des estimations d’experts, le seul tableau « Adèle Bloch-Bauer I », dit le tableau « doré », dépasserait les 100 millions d’euros s’il était mis en vente.L’Autriche, qui ne dispose pas de droit de préemption au sens strict, a négocié une « option de rachat » de tout ou partie des cinq oeuvres d’ici à mai, avait indiqué mercredi Me Schoenberg.Il a toutefois jugé un tel rachat « peu probable », la ministre de la Culture, Elisabeth Gehrer, ayant indiqué mardi que le prix des oeuvres « dépassait de loin » les possibilités financières de la république, dont le budget des acquisitions s’est élevé à 70 millions d’euros en 2005.Un accord à l’amiable entre Mme Altmann et l’Etat autrichien, critiqué par plusieurs commentateurs pour sa passivité, apparaît exclu au terme d’un marathon judiciaire de près de six ans.

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