«Le théâtre et le cinéma sont une partie de moi»

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Da Belaïd a été reçu en vedette au village Tibouamouchine, dans le douar d’Amdhoune n’Seddouk, où il est présent pour tenir le rôle d’acteur principal dans la deuxième partie du film Amechah. D’da Belaïd a débuté dans le théâtre et le cinéma au début des années 60. Ayant un long parcours jalonné de succès, à 66 ans, il donne encore le meilleur de lui-même au cinéma algérien. Rencontré en marge de la préparation du tournage, D’da Belaïd nous accordera cet entretien.

La Dépêche de Kabylie : Comment vous avez accueilli la proposition de jouer dans le film Amechah ?

D’da Belaïd : Avec beaucoup de joie. Quand le cinéaste Nabyl Mouhoubi est venu me voir et me proposer un rôle dans la deuxième partie du film Amechah, j’ai répondu « oui », sans même trop réfléchir. Je l’ai trouvé bon. Le sujet est pertinent. De plus, il correspond, parfaitement, au métier que je fais et que j’aime : l’humour. Le cinéma kabyle a besoin d’être enrichi de nouvelles productions. Nous avons besoin de cinéastes, de réalisateurs, de producteurs, d’acteurs… j’ai pensé beaucoup plus à mettre mon expérience au profit des jeunes qui veulent s’affirmer. Dans le film Amechah, je porterai le pseudo Da Amar. Mon rôle est de taquiner, tout le temps, Da Mohand le Radin en lui faisant de la morale. J’ai ramené avec moi deux collègues qui ont joué dans le film « Axxam n Da Meziane : Hassiba Djebara et Anissa Mezaguer. 

Les téléspectateurs aimeraient connaître qui est Da Belaïd

Bouaraba Belaïd est né le 22 janvier 1947 au village de Sidi Yahia Moussa dans la commune de Chemini, à Béjaïa. J’ai fait des études coraniques, puis l’école classique. Arrivé pour passer le BAC, la guerre d’Algérie éclata. J’ai dû abandonner mes études. Après l’indépendance, mes parents avaient quitté le douar pour s’installer à Alger. Mais on ne s’est jamais coupé de nos racines. Même vivant à Alger, on revenait, chaque week-end, et durant les vacances au village.

Parlez-nous du début de votre carrière

J’ai entamé la comédie en 1965 à la chaîne une et deux de la radio nationale et c’est là que j’ai commencé à prendre des ailes. J’ai entamé en parallèle, le théâtre et le cinéma à partir de 1966. Mon premier pas dans le cinéma, je l’ai fait grâce à Mohamed Ouniche qui m’a choisi pour jouer un rôle dans un film en noir et blanc. Depuis, j’ai côtoyé de grands cinéastes tels que Abdelghani Mehdaoui, Moussa Haddad, Mohamed Hilmi, Salim Belkadi et autres. Le théâtre et le cinéma sont une partie de moi. Je ne les abandonnerai jamais jusqu’à ce que je ne puisse plus les exercer.

Revenons un peu au film « Axxam n Da Meziane » où vous avez joué la vedette…

C’est vrai que le film «Axxam n Da Meziane» a connu un succès retentissant. Après trois parties réalisées le public en réclame la quatrième partie. Le producteur est Mahfoud Akacha et les réalisateurs sont : Kamel Dahmani pour la première partie, Zouhir Rourari pour la deuxième partie et Mahfoud Akkacha pour la troisième partie. C’est Slimane Benaïssa, le personnage qui a joué le rôle de Mokrane dans le film, qui se charge de la réalisation de la quatrième partie dans le début du tournage ne saurait tarder.  

Est-ce facile d’être dans plusieurs tournages en même temps ?

Ce n’est guère facile de participer à plusieurs productions en même temps. Pour la troisième partie du film « Axxam n Da Meziane » ça été vraiment très difficile. Je termine le travail dans ce film qui est tourné à Sehaoula et je cours à Aïn Benian rejoindre l’équipe du tournage du film de Djamila Aras, puis je rejoins encore l’équipe d’un troisième film qui se joue dans un endroit différent. Il m’arrive souvent de rentrer à la maison à 3h du matin.

Quelle fut votre réaction quand vous avez appris qu’un hommage vous sera rendu à Akbou ?

J’ai appris cette nouvelle avec beaucoup de joie. Je n’ai pas dormi ce soir là. La considération valait son pesant d’or, car c’est mon parcours d’artiste qui sera immortalisé. L’hommage a été initié par les dirigeants de l’étoile culturelle d’Akbou que je remercie au passage. La manifestation qui a débuté le 01 août dernier a duré quatre jours. J’ai fait une allocution d’une heure devant un public nombreux. La joie a atteint son paroxysme lorsque j’ai su qu’un documentaire sur ma vie a été tourné dans mon village questionnant mes amis, les villageois et retraçant mon vécu comme citoyen et comme acteur.

Un mot pour conclure ?

Le cinéma kabyle, qui n’a qu’une vingtaine d’années d’existence, a besoin d’être maintenu et amélioré avec de nouvelles productions. Ce qui exige l’émergence de jeunes talents bien sûr. Il est aussi du devoir des pouvoirs publics d’aider le cinéma à retrouver sa place dans la société par la réouverture des salles de cinémas fermées, l’ouverture de nouvelles salles là où elles n’existent pas et encourager la production cinématographique par des aides substantielles en moyens matériels et financiers, la création d’une filière cinématographique dans les centres d’apprentissage. 

Interview réalisée  par L. Beddar

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