Lors des élections partielles prochaines, où pour la première fois on assistera à une compétition serrée et plurielle. Près de huit partis politiques et des Indépendants, se disputeront le trône des assemblées et l’intérêt politique ne se borne pas seulement à ce niveau, mais se projette sur les futures échéances, une fois que cette mini-mandature de deux ans aura pris fin. Fini le scénario de la bipolarité politique, où le champ était squatté par les traditionnels acteurs que sont le FFS et le RCD. La Kabylie, pour des raisons qui lui sont propres et d’autres subies par un phénomène d’osmose politique nationale, rend riche et multiple la famille politique locale, où désormais, d’autres acteurs participent à la décision politique de la région et à sa destinée stratégique. Le conglomérat des partis qui entrent en lice pour les prochaines joutes, voudrait que le jeu d’alliances sont inévitables, même si cela ne s’exécuterait par le jour des élections où lors de la campagne, mais une chose est sûre, c’est qu’à l’issue du rendez-vous, les alliances seront tissées. Il en résulterait de deux courants fondamentaux auxquels se grefferont les Indépendants et les autres partis tels que le HMS et le PT. D’un côté, le FFS et le RCD formeront un pôle, de l’autre le FLN et le RND. De ces deux pôles, se dégageront les majorités absolues, pour s’assurer la commande des assemblées. Il est évident que pour ce scrutin du 24 novembre, rare seront les municipalités ou un parti aura une majorité absolue, c’est-à-dire 50% plus un d’électeurs. Nous aurons affaire à une fragmentation des assemblées, où seulement des majorités relatives seront enregistrées d’où l’impérieuse nécessité d’alliance. Le dénominateur commun entre le FFS et le RCD, chez qui l’alliance est plus que plausible, serait de faire barrage aux forces du FLN et du RND, présentés comme partis du pouvoir, ce qui d’ailleurs serait le credo de la campagne électorale, essentiellement celle du parti de Saïd Sadi qui tirera aussi à boulets rouge sur les Indépendants. Force est de constater, que l’alliance indépendants-FLN-RND, pourrait être renforcée par le PT et le HMS, par réflexe de l’Alliance présidentielle, ce qui assurément pourrait renverser la vapeur dans plusieurs APC et même au niveau du sort de l’APW. Il s’agit, en fait, des majorités fragiles qui seront dégagées à tous les niveaux, jusqu’à soupçonner de voir provoquer des défections dans un pôle ou dans un autre, et susciter des recrutements de dernière minute aux fins de changer le sens de la pesée dans la balance. L’utilité politique de ce scrutin est tellement importante, qu’elle permet un positionnement stratégique en prévision des législatives anticipées qu’on suppute pour 2006 ou au plus tard à la fin réglementaire de la mandature en mai 2007. De toute évidence, la carte politique qui résultera prochaines des joutes offrira une meilleure lecture de la configuration en termes de rapport de forces politiques régionales et seront les prémices de ce que sera la nouvelle situation de la région. La cagnotte que la Kabylie attend, ne peut être livrée entre les mains de ceux qui me rappellent de la région qu’en périodes électorales, que lui offrent des députés pour une tribune aux deux partis, où des mairies beaucoup plus pour s’en servir que pour servir la collectivité, 15 ans, durant. C’est à ce constat regrettable, que sont arrivés les citoyens de la Kabylie qui se découvrent être seulement des chairs à canons, et que l’on spécialise uniquement dans la fronde, la culture de l’émeute et du pneu brûlé, jamais pris comme citoyens en droit d’un développement harmonieux, capable de modernité et de bien-être social par le travail et l’initiative personnelle dans la création de richesses. Au terme de ce scrutin, l’on saura également les évolutions enregistrées après le passage de la tempête noire dans la région depuis 2001. Les incidences des événements sur les structures politiques traditionnelles en sont une certitude. Primo les des deux partis y ont laissé vraiment des plumes, d’abord pour n’avoir pas fait de prévisions avant l’éclatement, secondo pour avoir tourné le dos à la Kabylie qui s’acheminait vers le chaos. Pour la mémoire et l’histoire, le fort taux de boycott enregistré le 29 lors du référendum, ne peut être revendiqué ni par le FFS ni par le RCD ni par les Archs. La Kabylie a pratiqué un boycott par réaction au discours de Constantine, l’objectif recherché a été atteint par Bouteflika, qui a accepté délibérément un faible taux de la région mais a politiquement volé les appels du FFS et du RCD. La Kabylie qui va renouer avec le réflexe électoral le 24 novembre, fera flamber le taux de participation à hauteur de 60%, un taux jamais enregistré en Kabylie. Cette participation massive permettra l’élection d’abord d’hommes et de femmes qui sauront répondre aux attentes d’une population en détresse, et pour qui la couleur politique importe peu, la solution aux problèmes émane de tel parti ou de tel autre parti, là n’est pas la question. L’essentiel attendu de ces joutes est de voir l’amorce d’une relance économique, qui ferait bénéficier en premier chef, la jeunesse broyée par la marginalisation et le mépris, l’investisseur comme agent économique au profit des intérêts de la région, car tout le reste est accessoire, alors une expérience de gouvernance locale version soft, serait utile à expérimenter pendant les deux années qui restent à la mandature de 2002.
Khaled Zahem